Les milliardaires polonais...

D’après le magazine économique “Forbes”, réputé pour ses classements annuels des plus riches de ce monde, pour la première fois de l’histoire, la population des milliardaires en dollars a dépassé la barre des 3000 dans le monde. Ils habitent évidemment en grande partie aux États-Unis (902), mais aussi en Chine (516) et en Inde (205)…
Le trio gagnant en ce début d’avril : Elon Musk [53 ans] / Tesla, SpaceX, xAI, X (386,8 milliards de dollars), Jeff Bezos [60 ans] / Amazon (212,2 G$) et Mark Zuckerberg [40 ans] / Meta : Facebook, Instagram, WhatsApp, Oculus VR (201,9 G$)… Le premier Français, Bernard Arnault [76 ans] / LVMH est 6e avec 161,9 milliards de dollars. La femme la plus riche du monde, avec une fortune estimée à 99,4 milliards de dollars arrive en 15e position mondiale. Il s’agit de Alice Walton [75 ans], la fille du fondateur de “Walmart”.
Au total, 76 pays possèdent au moins 1 milliardaire.
La Pologne est représentée dans ce classement par neuf milliardaires en dollars. Le premier d’entre eux ne se retrouve cependant qu’en 181e position… Il s’agit de Michał Sołowow [62 ans] avec une fortune estimée à 13 milliards de dollars. Sa première position polonaise s’est renforcée par la diversification de ses activités et de ses investissements qui pourraient encore accroître l'ampleur de son activité. En effet, outre l'activité de production qui domine son portefeuille dans le domaine des caoutchoucs synthétiques (Synthos) et des matériaux d'ameublement (Cersanit, Barlinek), le milliardaire augmente fortement ses investissements dans les sources d'énergie sans émissions, principalement le nucléaire.
La deuxième position (568e mondiale) appartient à Tomasz Biernacki [51 ans], le propriétaire de “Dino” (6,1 milliards de dollars), la plus grande grande chaîne de distribution de Pologne qui enregistre cependant la première baisse de la valeur de ses actifs dans l'histoire. Il a ouvert sa première boutique en 1999 ; aujourd'hui, l'entreprise compte près de 2700 magasins en Pologne et fabrique également ses propres produits carnés. “Dino Polska” a été introduite en bourse en 2017.
La troisième place (707e mondiale) est occupée par Jerzy Starak [77 ans] dont la fortune (5,1 milliards de dollars) a très fortement augmenté au cours de l'année dernière. Il est propriétaire de “Polpharma”, le plus grand fabricant pharmaceutique de Pologne qui se spécialise dans divers domaines thérapeutiques et produit des médicaments en vente libre pour répondre aux besoins de santé courants. Sa filiale en forte expansion, “Polpharma Biologics”, leader du marché pharmaceutique en Pologne et en Europe centrale, est une société de biotechnologie de pointe avec des installations situées dans toute l'Europe, contribuant au développement de médicaments biologiques innovants.
Derrière ce trio de tête, on retrouve ensuite loin derrière (1400e), Zygmunt Solorz [68 ans] avec 2,6 milliards de dollars, fondateur de “Polsat”, l'un des premiers diffuseurs commerciaux nationaux d'Europe de l'Est, lié à l'industrie des médias et des télécommunications. L’an dernier, sa notoriété a souffert suite au conflit qui s’est déclaré avec ses enfants pour la succession au sein du groupe “Polsat Plus”… Ce qui évidemment n'a pas été bon pour la renommée de l'entreprise elle-même et notamment pour sa valorisation.
Il est suivi (1706e) de Paweł Marchewka [51 ans] (2,1 milliards de dollars), concepteur de jeux vidéo, fondateur de “Techland”, un studio de développement et un éditeur de jeux vidéo, tels Call of Juarez, Dead Island ou Dying Light.
Puis arrive (1764e) Dominika Kulczyk [47 ans] (2 milliards de dollars), co-fondatrice et présidente de la “Kulczyk Foundation”, une organisation philanthropique coopérant avec des organisations non gouvernementales polonaises et internationales. Elle est aussi présidente du conseil de surveillance du “Kulczyk Holding”, une société d'investissement internationale et de “Polenergia S.A.”, le plus grand groupe énergétique privé polonais et en outre co-fondatrice du “Values Consulting Group”, spécialisé dans la formation sur la psychologie des affaires.
Il y a ensuite (1975e) Zbigniew Juroszek [62 ans] et sa famille (1,8 milliard de dollars) : Zbigniew est le fondateur d'“Atal S.A.”, une société engagée dans l'industrie du développement immobilier résidentiel. Il dirige désormais son entreprise avec son fils Mateusz, PDG de la société de jeux de hasard “STS” qui fournit des services de paris à plus d'un million de clients en Europe.
Puis (1997e), Dariusz Miłek [57 ans] (1,8 milliard de dollars), fondateur de la chaîne CCC, entrée en bourse en 2004, une des plus grandes entreprises du marché de détail dans le segment de la chaussure en Europe, qui compte environ 1200 magasins dans 23 pays.
Et enfin (2048e), Sebastian Kulczyk [44 ans] (1,7 milliard de dollars), le frère de Dominika, propriétaire de “Kulczyk Investments S.A.” - une société internationale d’investissement, représentant de la quatrième génération d’une famille polonaise d’entrepreneurs, activement engagé, depuis deux décennies, dans la construction et le développement du secteur des nouvelles technologies. Il est fondateur de “Manta Ray vc” - un fonds de capital-risque soutenant à l’échelle internationale des entrepreneurs motivés par une mission et qui relèvent des défis mondiaux importants grâce à l'application de technologies de pointe.
À signaler : Pour la première fois dans l'histoire du pays, la liste des 100 Polonais les plus riches est exclusivement composée de milliardaires (en zlotys, évidemment) ! Leur nombre serait passé à 107, soit une augmentation d'un tiers en deux ans. La richesse totale de ces cent plus riches a atteint 315 milliards de zł, soit 11% de plus qu'un an plus tôt, précise “Forbes”. En 20 ans, le nombre de milliardaires polonais serait donc passé de 12 à 107 !
C'est le résultat de la croissance dynamique des entreprises polonaises qui, dans de nombreux secteurs, se développent plus rapidement que l'économie du pays.
Si l’on s’en tient seulement à cette liste, on pourrait dire que les Polonais s’enrichissent à un rythme incroyable.
C’est vrai que la Pologne possède l’une des économies qui a la croissance la plus rapide d’Europe. Le PIB polonais augmente malgré les problèmes auxquels sont confrontés beaucoup de pays de l’Union européenne.
Certains experts soulignent que cela serait dû aux exportations, à la consommation et aux travailleurs bien formés. D’autres y verraient aussi l’influence d’un certain « gène entrepreneurial » polonais. Pourquoi pas ?
Il faut noter que plus de 353 000 nouvelles entreprises ont été créées en Pologne en 2024. Les Polonais sont également l'un des pays d'Europe qui travaillent le plus laborieusement : les tâches professionnelles les occupent près de 40 heures par semaine. Avant tout, ils sont travailleurs, bien formés et hautement qualifiés. Et ils savent faire preuve de “débrouillardise”… Peut-être que grâce aux expériences historiques du passé, ils sont capables de serrer les dents, de se concentrer sur la tâche et souvent même de prendre des raccourcis pour obtenir le résultat souhaité ? Et puis, durant les 50 ans de République populaire, il leur a bien fallu parfois apprendre à vivre en faisant face à n'importe quelle situation : manque d’outils, pénurie de matériaux, insuffisance de pièces de rechange…
La Pologne se développe ainsi plus vite que les pays d’Europe occidentale. Il est vrai que faisant au départ partie des pays avec un niveau de développement plus faible, il lui est plus facile de croître rapidement et ainsi de combler son écart de développement.
Cependant, il va falloir faire attention. L’Allemagne étant le principal importateur de produits polonais (27% des exportations polonaises), la stagnation économique allemande constitue un problème sérieux pour les exportateurs polonais qui vont dès lors devoir trouver de nouveaux marchés. De plus, la Pologne se retrouve également confrontée aux effets potentiels du vieillissement de sa population. La seule arrivée d’immigrants en âge de travailler ne suffira pas à combler les lacunes. Alors, l’avenir sera-t-il dans les nouvelles technologies ?